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Histoire du tatouage

Le tatouage était largement pratiqué dans de nombreuses cultures du monde antique et il était considéré comme un travail artistique de haut niveau. L’imagerie ancienne était très semblable à celle du tatouage moderne; tout au long de l’histoire , il est resté au même titre que les autres formes de décoration corporelle, un art relatif aux aspects sensuels, érotique et émotionnels de la psyché. Alors que le tatouage faisait partie traditionnellement d’un rite de passage élaboré dans certaines cultures, il a aussi marqué la royauté et le rang, été un symbole de dévotion religieuse et spirituelle, un signe de bravoure et de prouesse lors des batailles , un artifice sexuel, un gage d’amour, une punition, une amulette et un talisman, et a été utilisé pour le marquage des esclaves, des parias et des criminels.

Introduction :
Le mot tatouage provient du tahitien « tatau » qui signifie « marquer ou dessiner ». La racine du mot « ta » renvoie aux verbes « frapper et inciser ». En effet un tatouage consiste à l’insertion de matériaux de couleur sous la peau en surface afin d’y laisser une marque indélébile visible grâce à la transparence de la première couche de l’épiderme. Il est probable que les premiers tatouages furent créés accidentellement en frottant avec une main salie une plaie, qui une fois guérie laissa une marque permanente. L’histoire du tatouage a commencé il y a plus de 5000 ans et est aussi diverse que les gens qui les portent. Depuis sa création, cette pratique a beaucoup évoluée que se soit au niveau de sa signification ou de sa confection. En effet, la pratique du tatouage varie énormément selon les lieux et les époques. Autrefois effectué avec des os et du noir de fumée, il est aujourd’hui conçu à partir d’encre spécialisée et d’une machine électrique stérilisé. Il est également soumis à des règles d’hygiènes permettant de minimiser les risques infectieux car même si les mesures de précautions se sont multipliées, différentes maladies peuvent tout de même subvenir. De plus depuis quelques années il est possible de se séparer d’un tatouage, chose impensable il y a quelques décennies. A travers cette étude nous verrons quelle est l’histoire du tatouage à travers différentes sociétés et quel est son impact sur notre organisme.

Origine du tatouage
Le tatouage est un art qui existe depuis plus de 5000 ans cependant il est difficile de situer le début de cette pratique aussi bien d’un point de vue historique que géographique. Cela est dû au peu d’historiens qui ont étudié l’évolution de cette coutume au fil du temps. Quelques peintures laissent supposer l’existence des tatouages datant de 8000 ans.
La découverte de la momie Ötzi dans les montagnes italo-autrichiennes, âgée de 5300 ans av. J-C confirme les hypothèses concernant l’ancienneté de cette pratique. Les tatouages retrouvés sur Ötzi représentent des lignes et des points situés sur ses articulations et sur les points d’acuponctures. La localisation de ces marques nous fait penser qu’elles eussent un but thérapeuthique.
D’autres momies ont été retrouvées, dont une en Egypte datant de plus 2200 ans av. J-C. Elle présentait des marques semblables à celles d’Ötzi, mais cette fois-ci recouvrant tout son corps dans un but décoratif et religieux. D’autres corps relativement bien conservés ont été découverts dans la vallée de Pazyryk (en Sibérie). Leurs tatouages représentaient des animaux, un motif réservé aux personnes de haut rang comme les chefs ou les nobles.
Ces recherches ont démontré que la signification du tatouage varie selon les pays et les peuples. Le plus souvent, cet art a servi à marginaliser ses adeptes d’une certaine façon car il peut représenter un rang social aussi bien qu’une appartenance à un groupe. Mais le tatouage peut également être contraint.
Cette pratique s’est développée simultanément dans de nombreux lieux du globe à travers les siècles. Elle a été utilisée dans de nombreuses civilisations bien avant que tous ces peuples n’entrent en contact les uns avec les autres.

1) Le tatouage Polynésien
En Polynésie, le tatouage occupait une place majeure dans la culture et les croyances depuis la création des premières tribus. Cette pratique répondait à des usages divers. En générale, le tatouage marquait l’appartenance à un rang social élevé mais avait également pour but de renforcer la fécondité et de resserrer les liens avec le surnaturel.
La confection du tatouage était une véritable cérémonie familiale et religieuse équivalente au baptême de l’enfant. Au cours de cet évènement les filles se faisaient tatouer la main droite à l’âge de 12 ans afin de pouvoir préparer les repas et effectuer l’onction des corps des morts.
La particularité du tatouage polynésien réside dans sa variété des motifs, il présente aussi bien des thèmes figuratifs tels que des animaux, des végétaux, des éléments naturels, que des formes géométriques telles que des spirales, des losanges, des chevrons, des lignes ou encore des triangles.
Néanmoins, la pratique du tatouage variait en fonction des populations même si leurs cultures étaient semblables. Nous verrons quelles sont les particularités et les différences des tatouages marquisiens et néo-zélandais.
• Ile marquise :
Pour les marquisiens le tatouage était une marque de puissance et de beauté, il représentait un milieu social aisé. De cette façon, il était interdit aux hommes de basse classe sociale de se tatouer l’intégralité du visage car cette pratique était réservée aux chefs.
Dans les îles marquises, le tatouage jouait essentiellement un rôle esthétique. Il était effectué par un prêtre au court d’une cérémonie où des spectateurs, uniquement des hommes, encourageaient le tatoué par des chants pour rendre la douleur plus supportable.
Pour effectuer ces marquages, le prêtre utilisait un manche en bambou sur lequel il fixait un objet pointu tel qu’un os d’oiseau, une dent de poisson ou un morceau de nacre. A l’aide d’un petit marteau, il tapait sur l’instrument pour facilité la pénétration de l’objet pointu dans la peau. Suite à cette action, il plaçait le colorant, fait à partir de noir de fumée provenant de noix de Bancoulier (arbre des îles pacifiques) mélangé avec de l’eau, dans les plais.
Jusqu’à la fin de la cicatrisation, le tatoué ne devait avoir aucune interaction sociale. Toutes les parties du corps aussi bien celles des femmes que celles des hommes, à l’exception de la paume des mains et de la plante des pieds, étaient tatouées de motifs géométriques complexes. Ils faisaient généralement appel au trait de tiki, qui est une représentation d’homme ou de dieu. Ils reproduisaient sur eux des dérivés de cet objet sacré qu’ils considéraient comme protecteur. Seuls les hommes étaient autorisés à porter des dessins figuratifs tels que des animaux (tortues, requins, raies, oiseaux tropicaux) ou des végétaux (bambou, canne à sucre, palmes de cocotier, feuilles, branches).
Du fait de ça grande douleur le tatouage était une preuve de bravoure, une marque d’orgueil ainsi qu’une fierté.Plus une personne présentait des dessins nombreux, riches et variés, plus la personne était âgée et appartenait à un milieu social élevé.
• Néo-Zélandais :
Les tatouages néo-zélandais étaient essentiellement liés au mariage, ils étaient effectués à l’âge de 20 ans pour permettre notamment aux jeunes femmes d’être belles et prêtes pour le mariage, à l’aide de tatouage souvent localisés sur le menton. Selon les différentes régions, les tatouages des femmes Maoris pouvaient avoir un caractère érotique. Pour les hommes ils étaient un atout de séduction.
Dans les îles néo-zélandaises, un homme sans tatouage était considéré comme lâche, efféminé et indigne de sa place dans la société. Ce peuple est célèbre pour ces tatouages recouvrant le visage et étant d’une extrême noirceur, ces tatouages sont appelés des Moko. Il revendique pour celui qui le portait l’accomplissement d’une victoire mais aussi un hommage à un être perdu ou une commémoration d’un fait marquant de sa vie. L’intégralité de ces motifs s’inspirait des formes et des éléments de la nature.
Les femmes Maoris étaient moins tatouées que les hommes. Elles soulignaient leurs lèvres de traits bleus foncés, marquaient leur menton et ornaient leur front ainsi que leurs joues de fines lignes. Alors que les hommes avaient le visage décoré de spirales mises en valeur par des cicatrices. La totalité du visage était recouverte.
Les Maoris utilisaient un élément tranchant tel qu’un couteau ou des ciseaux pour tatouer. Ils appliquaient ensuite dans les entailles une encre composée de substances végétales et de chenilles pour les tatouages corporels, cependant l’encre des tatouages faciaux se composait de bois fortement brûlé.

2) Le tatouage Asiatique
En Asie, les styles de tatouages les plus connus sont ceux des deux plus grandes puissances du continent, c’est-à-dire, le style Japonais et le Chinois. Cependant les Japonais sont les premiers à utiliser cet art au sein de leur communauté. Le style Chinois apparu bien après présente quelques similitudes avec les mœurs du pays voisin cependant il se démarque sur certains points.
• Le Japon :
La technique du tatouage traditionnel japonais porte plusieurs noms : Irezumi ou Horimono. Horimono désigne l’ensemble des tatouages. Irezumi signifie « insérer de l’encre », c’est le terme utilisé en général pour désigner le tatouage traditionnel couvrant de larges parties du corps, contrairement au terme précédent, irezumi désigne un sens plus péjoratif et discriminatoire de cette pratique.
Le tatouage existe dans certaines tribus depuis la préhistoire comme par exemple chez les Aïnous, population pionnière du Japon. Cette tribu avait pour tradition de marquer définitivement le visage des femmes avec des symboles en forme de moustaches juste au-dessus des lèvres avant leur mariage.
Ces marques permettaient de les préserver des rapts qui les menaient dans des maisons closes japonaises. Cependant le but de leurs tatouages reste mal connu. Quelques hypothèses évoquent un rôle de protection, d’évacuation du sang impur mais aussi une acquisition de force ou même un rôle simplement symbolique.
Par la suite, au cours du Vème siècle, les tatouages servaient à punir les criminels, en marquant l’individu à vie, au même titre que l’ablation d’une main ou d’une oreille. Plus tard, les prostituées se démarquèrent en se tatouant elles-mêmes sur les bras, le dos des mains, la poitrine ou le visage. C’est à la suite de ces pratiques que le tatouage a été assimilé aux mauvaises mœurs de la société japonaise.
En 1872, l’empereur Mutsuhito prohiba officiellement la pratique du tatouage mais l’abolition de cette mise en place fut imminente.
Aux alentours du VXIIIème siècle, les hommes dont le métier était difficile comme par exemple les pompiers ou les charpentiers se firent tatouer des animaux réputés pour leur virilité tels que des lions, des tigres ou des coqs. C’est à ce moment que le tatouage japonais connu son apogée et que sa réputation s’améliora.
Mais celle-ci rechuta suite à son utilisation par les Yakusas, membres de la mafia japonaise, qui l’utilisa comme un initiateur à la communauté criminelle en forçant les nouveaux membres à se faire tatouer. Ces marques sont réputées pour être de véritables œuvres d’arts grâce à leur grande richesse artistique. Les motifs de ces dessins sont essentiellement figuratifs comme par exemple des fleurs, notamment des chrysanthèmes qui sont les fleurs nationales, des paysages, des animaux tels que des chats, des poissons et des papillons.
Pour effectuer ces dessins les japonais utilisaient des aiguilles en acier fixées sur un manche en os à l’aide d’un fil de soie. Le colorant le plus utilisé est l’encre de chine mais les japonais employaient également la poudre riz pour effectuer un type de tatouage original qui est le « tatouage négatif ». Il s’agit d’un tatouage révélé par la chaleur et qui n’est visible qu’à certaines occasions telles que l’excitation, les bains chauds ou encore sous l’emprise de l’alcool. Dans ces conditions le tatouage se teint en rouge et devient visible. En japonais il est appelé «kakushibori » se qui signifie « tatouage caché ».
Malgré une évolution des mentalités, encore aujourd’hui le tatouage est mal vu au Japon, les tatoués sont par exemple interdits dans les piscines publiques.
• La Chine :

En Chine, le tatouage est très peu étudié à la différence du tatouage japonais. Un grand travail reste à faire. L’histoire du tatouage en chine est récente en comparaison aux autres populations.
Cette pratique serait apparue il y a environ 3000 ans, cette hypothèse fut confirmée par la découverte, en 1986 au nord-ouest de la chine, de corps bien conservés présentant des marques indélébiles.
Auparavant, le tatouage figurait parmi les pires sentences aux côtés de la mort, de la castration et de l’amputation du nez et des pieds. Ils étaient considérés comme une marque humiliante et une indication publique facilement discernable. Mais le rôle du tatouage n’était pas le même dans toute la Chine, il variait de région en région.
Dans certaines, il était appliqué pour faciliter des thérapies médicales telles que les radiothérapies externes en traçant des points sur la zone tumorale à irradier.
Bien que l’histoire du tatouage en Chine soit peu connu, on distingue cependant trop minorités chinoises : Drung, Li et Dai, où les jeunes filles (et les jeunes hommes chez les Dai) étaient tatouées vers 13 ans en signe de maturité.
Les femmes Drung ainsi que les femmes Li portaient des dessins entre les sourcils, sur les joues et autour de la bouche de telle manière qu’elles formaient un papillon. Ces tatouages avaient pour but d’enlaidir les femmes pour éviter les violes et les enlèvements des groupes ethniques rivaux.
Les femmes Dai se tatouaient le dos des mains, les bras et entre les sourcils alors que les hommes se tatouaient sur les biceps, le dos et la poitrine afin d’exhiber leur masculinité.

3) Le tatouage Africain
Depuis les premiers tatouages, on peut distinguer sur le continent Africain deux styles bien différents. D’une part le style qu’adopte les africains du nord, qui repose sur des formes géométriques d’autre part un style tribal qu’arbore la population des pays subsahariens.
• L’Egypte :
En Egypte, la pratique du tatouage remonte très loin dans le temps notamment avec la découverte de momies datant de 2000 av. J-C.
Plusieurs hypothèses sur les desseins de cette pratique en Egypte ont été formulées. Le tatouage pourrait être à visée esthétique, superstitieuse ou encore médicale comme dans la vallée du Caire où les égyptiens se tatouaient une croix sur le front et un oiseau entre les bords externes de l’œil afin de lutter contre les maux de tête et la faiblesse d’esprit.
Mais il pourrait également avoir un rôle commémoratif comme chez les Coptes, des chrétiens d’Egypte, qui marquaient définitivement sur leur peau la date de leur pèlerinage à Jérusalem.
Pour réaliser ces tatouages les égyptiens utilisaient des aiguilles ainsi qu’un mélange de noir de fumée et de lait de femme.
C’est une coutume essentiellement pratiquée par les paysans (musulmans ou chrétiens). Ils arboraient des motifs figuratifs ayant un but religieux et superstitieux. Par exemple le poisson symbolisant la fertilité, la chance et la protection. Les dessins pouvaient également être de simples signes géométriques, le point avait un rôle magique, le cercle délimitait la partie malade ou à protéger.
• L’Afrique du Nord :
En Afrique du nord, l’apparition des premiers tatouages est supposée dater de 3000 ans av. J-C.
Les tatouages avaient un rôle cérémonial mais surtout prophylactique, car ils étaient considérés comme un remède face aux maladies qu’ils pensaient surnaturelles. Pour s’en prémunir, ils tatouaient des symboles dont les significations étaient diverses. Les symboles que l’on trouvait le plus fréquemment étaient des croissants, des lignes verticales, des losanges ou encore des fleurs de lys.
Chez les femmes, ces tatouages étaient souvent disposés sur le visage contrairement aux hommes qui ne se le tatouaient pas.
Chez les paysans, le marquage de la main droite était fréquent, car celui-ci serait magique est bénéfique pour son porteur en le protégeant d’accidents corporels et en lui octroyant force et vigueur.
Pour se tatouer, les femmes n’avaient pas besoin de l’accord de leur mari, c’était un choix, un acte libre et personnel. Elles se faisaient tatouer par une professionnelle âgée et expérimentée qui passait de village en village. Pour réaliser cette pratique, elle nettoyait le front dont elle frottait la peau jusqu’au sang à l’aide d’un tissu rêche, par la suite, elle dessinait des motifs avec une lancette puis elle appliquait une compresse de couleur.
Cependant, l’Islam étant la religion dominante en Afrique du nord, elle interdisait le tatouage permanent. Néanmoins le tatouage resta très répandu car le passé et les coutumes surpassèrent les lois de la religion.
Pour se tatouer et respecter la religion les femmes firent appelle à la technique du mehndi qui consiste à utiliser du henné pour réaliser des dessins éphémères sur les pieds ainsi que les mains.
• Tatouage d’Afrique noire :
Dans les pays d’Afrique subsaharienne, le tatouage le plus répandu et le plus fréquent était tribal, il était effectué par scarifications.
Dans le peuple « Sarakole » d’Afrique Occidentale, les jeunes filles âgées de 13/14 ans se faisaient tatouer les gencives en bleu à l’aide d’une épine.
Chez les « Konkomba » les hommes et les femmes avaient le torse scarifié et arboraient des dessins noircis par le charbon sur leur visage représentant la tribu.
Le tatouage avait plusieurs significations selon les tribus et les pays. Dans certains pays ils avaient pour but d’embellir la personne les portant ainsi que de la vêtir alors que dans d’autres communautés, il était un symbole signifiant le passage d’un état à un autre par exemple le passage de l’adolescent à l’adulte. Les tatouages étaient également utilisés afin de différencier les esclaves des civils car les personnes portant un tatouage tribal pouvaient prouver leur identité contrairement aux esclaves qui n’en avaient pas.

4) Le tatouage Américain
Le tatouage arriva en Amérique depuis l’Asie entre 5000 et 1500 av. J-C.
Cette pratique se serait rapidement répandu surtout chez les Amérindiens. Cette pratique avait diverses codifications selon les différentes tribus dispersées un peu partout sur le continent.
• Amérique du sud :
Dans le sud de l’Amérique, les premiers tatouages viendraient des Mayas qui avaient pour coutume de s’encrer en signe de courage. Aussi bien les femmes que les hommes, tous deux étaient tatoués jusqu’à la taille. Seuls les prêtres Mayas se recouvraient intégralement le corps de tatouages pensant ainsi quitter leur statut d’humain e pouvoir se rapprocher des Dieux.
Plus tard, chez les Aztèques ces marquages eurent une signification sacrée. Effectuées lors de cérémonies rituelles, elles ne présentaient aucune valeur esthétique. De nombreux tatouages furent en l’honneur du Dieu Huitzilopochtli, dieu du soleil et de la guerre, protecteur de la tribu aztèque. Un autre Dieu fut également tatoué, c’est le Quetzalćoatl, dieu de la végétation et de son renouveau.
Par la suite, en 1920, des archéologues avaient retrouvé au Pérou des momies tatouées appartenant à la tribu des Chimu datant du XIème siècle. Les tatouages retrouvés sur les momies étaient réalisés à l’aide d’arêtes de poisson, de plumes de perroquet ou même de coquillages épineux. Vu le nombre de corps tatoués, les chercheurs estimèrent qu’un tiers de la population Chimu fut tatoué. Il est également supposé que les femmes étaient les principales artistes du tatouage.

Contrairement aux peuples évoqués précédemment les Incas refusèrent le tatouage car ils estimèrent leur corps comme l’œuvre parfaite du Soleil, leur Dieu.
• Amérique du nord :
La pratique du tatouage est répandue dans toute l’Amérique du nord. Avec la peinture corporelle, elle remplaçait l’habillement notamment chez les indiens tels que les Sioux, les Chickasaws et les Iroquois où le tatouage désignait l’appartenance à une tribu, à un rang social ou l’accomplissement d’un acte de guerre ou de chasse ainsi que la bravoure.
Ces tribus présentaient de puissants guerriers qui arboraient de nombreux tatouages en signe de leur courage. Ces dessins raffinés symbolisant un statut élevé, étaient réalisés par des prêtres lors de la danse du soleil.
Ces marques indélébiles servaient également dans ces tribus à punir les voleurs en les condamnant au tatouage complet du visage.
Les membres de ces tribus pensaient que les morts emportaient avec eux leur honneur et leurs tatouages dans le monde de l’au-delà afin d’être accepté par leurs ancêtres.
Les Inuits des zones arctiques de l’Amérique, présentaient des convictions similaires. Ils pensaient qu’une femme non tatouée ne pourrait trouver la paix après la mort.
Les hommes Inuits étaient tatoués en fonction de leur nombre de prises, pour chacune d’entre elles, ils gagnaient des points pour avoir contribués à la survie de leur tribu. Cela leur faisait gagner du prestige au sein des leurs.
Ils effectuaient ces marquages en passant sous la peau une aiguille suivie d’un fil enduit de noir de fumée.
L’histoire du tatouage en Amérique est peu connue, mise à part dans certaines tribus. Néanmoins c’est là-bas qu’est née la première machine électrique à tatouer. Nous devons cette invention à Samuel O’Reilly, au court du XIXème siècle. Elle était semblable à une extension de stylo fonctionnant à l’aide d’une pile électrique.
Au siècle suivant, une épidémie d’hépatite frappa New-York. Le conseil de santé de la ville, pensant que le tatouage était un moyen de propagation de l’épidémie, prohiba cette pratique en 1961. L’art du dessin corporel continua d’exister clandestinement mais 37 ans plus tard, la loi interdisant le tatouage fut abolie.

5) Le tatouage Européen
A travers les âges, il y eu beaucoup d’usage du tatouage en Europe. Son histoire est assez floue, cette pratique se serait éteinte au Moyen-âge suite à la condamnation de l’Eglise qui considérait le tatouage comme une marque du démon.
Néanmoins les romains l’utilisaient pour marquer les soldats de la légion romaine d’un aigle et du nom du général dont ils dépendaient. A la même période, en Grèce, les esclaves étaient contraints de se faire tatouer la première lettre du nom de famille de leur maître entre les yeux mais également une chouette ou un vaisseau de guerre sur le front.
Le tatouage fut interdit par le Pape Adrien 1er en 787 car la bible proscrit toutes les modifications corporelles. Ce qui n’empêcha pas le tatouage de réapparaître au XVIIIème siècle. C’est à leur retour de Polynésie que les Européens ont rapporté la pratique du tatouage. En Europe, il fut une marque de courage, de noblesse, un signe protecteur ou une décoration. C’est notamment grâce aux navigateurs tels que James Cook lors d’explorations dans le Pacifique sud que le tatouage a réapparu en Europe. Les expéditeurs ramenèrent de leurs périples à travers le monde des souvenirs inscrits à jamais sur leur chair. Il s’agissait généralement de crucifix sur l’ensemble du dos pour se prémunir de la flagellation en cas de punition. Beaucoup de leurs tatouages étaient réalisés par les indigènes des nouveaux pays et îles explorés ou étaient des répliques de tatouages vu sur certaines populations, que d’autres marins reproduisaient sur eux. Au retour de ces voyages, le tatouage devint un véritable spectacle notamment à cause de l’exhibition des indigènes capturés et par les mensonges des marins inventant des tatouages contraints. A cette période le tatouage était donc assimilé à la violence et à la barbarie des indigènes.
Le tatouage devint alors un véritable système d’identification, il fut un moyen sûr et efficace de renseignement avant l’arrivée de la photo d’identité. Jusqu’au XIXème siècle, les fiches de police comportaient la description de chaque tatouage de l’individu permettant de l’identifier sans erreur.
Durant la seconde guerre mondiale, les Nazis d’Auschwitz mirent en place un système d’identification consistant à tatouer sur l’avant-bras le numéro de matricule du détenu du camp. Après la guerre, les survivants des camps eurent des réactions différentes : la majorité d’entre eux les conservèrent alors que certains les firent effacer. A cette période, les soldats de la Waffen-SS étaient également tatoués. Ils faisaient écrire leur groupe sanguin sur la face intérieure du biceps gauche. Ce tatouage ne comportait qu’une seule lettre. Après la guerre, ces marques facilitèrent l’identification de certains ex-SS.
Suite à la guerre, les européens associèrent le marquage corporel à la criminalité. Cette réputation était due à la pratique du tatouage dans les prisons. Effectués avec des moyens de fortune, ils devaient être cachés car une telle pratique était interdite. Pour les détenus, elle représentait une part de liberté, ce fut une manière de revendiquer leur existence malgré leur enfermement. Cette mauvaise réputation fut accentuée par le marquage des prostituées qui s’inspiraient des criminels qu’elles fréquentaient mais également par la manière d’afficher l’appartenance à un groupe de quartier, une bande.
Ce n’est que vers les années 1970, que le tatouage commença à se populariser en Europe avec l’arrivée du mouvement hippie. Peu à peu cette pratique se démocratisa et l’on pu observer de plus en plus de personnes arborant publiquement des tatouages à l’image de stars du sport, de la musique et du cinéma.

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